Le chant du tambour

Le chant du tambour
Ce roman d’initiation relate le voyage d'un jeune garçon qui accomplit une mission, celle d'aller battre le tambour avec des gens à la fois proches et lointains, qu'ensemble ils puissent interpeller les autres, les Blancs, qui menacent l'équilibre des Premières Nations, afin de les faire rentrer dans la roue de guérison, pour que s'accomplissent les prophéties. Il prend pour cela la route des couleurs des habitants de la terre, qui n'est pas exempte d'épreuves. Il y rencontre son esprit protecteur et sa destinée d'homme médecine. Le chant du tambour parle de la culture et de la spiritualité des Amérindiens, basées sur le respect. Ce roman s'adresse à des jeunes comme des adultes. Il parle de cultures et spiritualités que je ne connais pas vraiment, mais dont je me sens proche par le cœur, d'autant que l'histoire se déroule dans le pays de ma compagne et donc aussi de mes enfants. J'ai écrit ce roman en observant un tambour amérindien, sur lequel étaient représenté la tortue, l'aigle, l'ours et le bison, les quatre animaux associés à une couleur spécifique, que l'on retrouve dans quatre parties de cet écrit. Je me suis remémoré les nombreuses lectures sur l'histoire des peuples natifs de Sibérie et des Amériques, l'imagination a fait le reste. Ce roman est un hymne au respect, à ceux qui soignent la terre et ses habitants, il se place subjectivement du point de vue des Premières Nations.

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Résumé:
Alors que sévit la Grande Guerre en Europe, un jeune Algonquin de treize ans doit entreprendre sa quête de vision. Cependant son père, homme-médecine, a d’autres projets. Il l’envoie en mission pour interpeller ceux qui menacent son peuple et pour que s’accomplissent les prophéties. Il doit pour cela faire un tambour, c’est en le battant qu’il trouvera sa destination. Commence alors un voyage initiatique et périlleux dans les couleurs des quatre points cardinaux, le jaune, le rouge, le noir et le blanc, avec comme guide le chant du tambour. 

 Citation:
Absorbé par son ouvrage, Achack ne s’était pas rendu
compte que le ciel s’était obscurci pour faire place à la nuit,
seules les flammes éclairaient encore ses mains expertes.
L’obscurité ne l’empêcha pas de constater son travail mal
fait, une lune gibbeuse plus qu’un cercle parfait. Il fut déçu,
toutefois la peau cacherait les défauts. Épuisé, l’artiste
convoita la viande boucanée. Non, il ne pouvait pas man-
ger, pas avant d’avoir eu sa vision ! Il s’allongea sur la terre,
se recouvra de sa peau d’orignal et s’endormit comme une
masse.
Un tambour, un cercle luminescent, veillait dans le ciel étoilé.
La pleine lune, la mère qui accouchait. Une mailloche, une traînée
étincelante, sortit de son sein. Le rayon du soleil qui l’avait fécondée,
le père qui avait semé. Le maillet frappa l’instrument, la pulsation
d’un cœur, Lune et Soleil ne firent plus qu’un, un couple aimant. 
À deux ils formèrent un disque, un calice de fleur, le rond des wigwams
et des nids, le cercle de paroles des Algonquins, le cycle de la vie. La
Lune et le Soleil donnèrent naissance à la Terre. Les étoiles dansèrent
en ronde autour du petit, un tambourin, une future mère. Les pieds
des hommes-médecines, chasseurs, guerriers et femmes martelèrent la
terre, autant de rayons qui ensemencèrent la mère, qui firent battre
son cœur. Alors des couples s’unirent, les mères procréèrent à leur tour
et la terre grossit. Dans le ciel, la pleine lune chanta l’amour, elle
chanta le respect, c’était le chant du tambour.
Achack se redressa. Au cœur de la forêt hurlaient les
loups. Les étoiles scintillaient sur la voûte profonde. Grosse
et fluorescente, la lune brillait au-dessus du foyer éteint,
sans braises et sans fumée. Les astres étaient tels qu’il les
avait laissés. Avaient-ils tourné un cycle complet pendant
qu’il dormait, un repos de plus d’une journée ? Il étira les
bras et chercha à se lever, mais son corps refusa de bouger,
figé sur sa peau, ankylosé, vanné et affamé. Il était trop tôt
pour s’activer, il ne lui restait plus qu’à se recoucher.
Allongé sur le dos, Achack regardait le ciel où tournaient
les planètes, à l’exception de l’étoile du nord qui restait fixe
pour orienter son peuple. L’image d’Alsoomse hantait son
esprit. Il se remémora son rêve, celui du tambour qui chan-
tait la lune, la terre et la féminité. Il ne sut plus quoi penser.
L’objet était presque prêt alors que son voyage n’avait pas
encore commencé, il rêvait sans arrêt sans qu’aucun ani-
mal ne vienne habiter ses visions. Lui fallait-il jeûner plus
longtemps ? Le désespoir gagna le garçon. La percussion
inachevée l’éloignait de ses responsabilités dans son clan,
celui de son rêve lui faisait espérer l’union et la paternité.
Dans son songe, l’instrument chantait l’amour, alors il le
battrait nuit et jour jusqu’à ce qu’il le conduise à celle qu’en
tant qu’homme il devra aimer. Fermant les yeux, il se ren-
dormit avec cette agréable et satisfaisante pensée.

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