Un aperçu des danses klezmers


Description de pas de danse

  

Danser, c'est laisser la musique glisser entre les pieds et le sol
 
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En début de chapitre de mon roman, la révolution du klezmer, je décris de façon imagée les danses yiddish. Beaucoup de ces danses ont emprunté à celles des pays des danseurs : Ukraine, Bessarabie (Moldavie), Pologne, Russie, Valachie et Transylvanie (Roumanie), Hongrie…Toutefois, tant par les modes musicaux que par la gestuelle des bras et les mouvements des jambes ou les pieds, elles ont réussi à caractériser une identité propre aux Ashkénazes. Pour citer un exemple de style, lors des horas ou freylekhs, en allant au centre du cercle, les mains ne montent pas plus haut que la hauteur des yeux. Dans le cas des danses mixtes, pour éviter le contact entre les deux sexes, les danseurs se servent d’un mouchoir. Les hommes pausent leurs pouces sur le gilet, tendent leurs paumes en avant ou placent une main derrière l’oreille et l’autre vers le bas. Le salut des femmes est plus discret ; fières et souriantes, un brin sensuelles, les danseuses mettent un doigt ou la main à la taille.

Les fêtes


Les mariages ou les Bar-mitzvahs sont l’occasion de se produire en solo et de briller parmi les convives, par exemple en exécutant les pas une bouteille sur le crâne ; les belles-mères ont même leur danse où elles parodent l’affrontement ou la réconciliation.

Dans le passé, les danses hassidiques ont évolué à part des festivités populaires ; les gestes symbolisaient la prière et non le jeu. En retour, ceux qui ne vivaient pas dans ces communautés, fondées autour d’un maître, mimaient les religieux dans leur extase et nommaient la danse : khosidl.



Les danses


Il n’est pas aisé de décrire des pas de danse par des mots ; je vais essayé de faire mieux que par des allégories.

Le Khosidl


Sur une mélodie d’inspiration religieuse, tels les niguns fredonnés, en cercle, bras dessus, bras dessous, les danseurs tombent sur leur pied gauche au centre et sur le pied droit à l’extérieur, toujours en évoluant dans le sens contraire d’une aiguille d’une montre. Tel une locomotive, le meneur entraîne à sa suite les danseurs qui ont la main gauche sur l’épaule de leurs prédécesseurs et la gauche levée. Quand le leader se retourne, il frappe chacune des mains tendues ; à tour de rôle, chacun en fait autant. 

Le freylekh


De par son nom, il exprime la joie ; il appelle à l’improvisation. En Europe, chaque village avait le sien, le style des bras et des pieds bien à lui. Dans certain le pas était traîné, dans d’autre il était frappé. Du cercle à la farandole, en passant par l’exhibition solitaire, il permettait à la collectivité de relâcher les tensions.

Les pas sont marchés ou courus, de temps en temps croisés.
Le cercle se déplace de droite et de gauche sur seize temps, puis il avance et recule sur huit temps. 
Quand il s’ouvre, le leader entraîne le cercle sous chaque arche formée par les danseurs ; la ligne se retrouve ainsi cousue, le bras droit devant le cou. Une fois tous les danseurs entortillés, ils se délivrent à tour de rôle, alors que la ronde continue d’avancer. La danse peut se poursuivre avec un autre pas.
De ses bras, le couple de tête forme un pont sous lequel le couple suivant se faufile pour former à son tour une arche ; ainsi de suite. 
Puis c’est la grande marche. Les couples se séparent en jet d’eau devant le maître de cérémonie, se reforment à l’opposé, reviennent, alternent l’un à droite et l’autre à gauche pour se reformer en chaîne de quatre, huit ou seize danseurs. Le meneur de la première ligne zigzague, en entraînant ses partenaires, entre chaque formation pour, au final, lancer une farandole.

La hora

 

Hora signifie la ronde. La danse est lente et composée de plusieurs variantes. Le pas est sur trois temps. Le déplacement se fait en tranche de gâteau. Voici quatre figures.

Trois pas à droite et le pied gauche est pointé au centre ; trois pas à droite et le pied droit balaye le sol.

Deux pas vers le centre et pas chassés ; même chose vers l’extérieur.

Deux pas à droite et pas chassé. Sur place : balance au centre et derrière. Pas chassés à reculons.

Trois pas chassés vers le centre droit, trois vers l’arrière droit.



Le sher


Une danse carrée de quatre couples. Le nom vient vraisemblablement du croisement qu’exécutent les couples, deux par deux, à l’instar des danses des cours en Europe.

Une ronde sur seize temps dans un sens, puis retour. Une promenade sur seize temps en couple en faisant tourner la partenaire en une pastourelle ; puis retour. Le salut des deux couples opposés puis le croisement, suivi des deux autres couples. 
Un homme invite tour à tour les quatre femmes ; les autres enchaînent. Puis à nouveau la ronde. La mélodie est longue, le temps de faire passer chacun en scène.

Le bulgar 

 

Une formation en cercle, en ligne ou en couple. Le pas est celui, sur six temps, bien que la musique soit sur huit, de l’hassaposerviko d’origine grec. Les bras levés ou mains sur les épaules. 
Sur un rythme enjoué, les danseurs avancent sur deux temps et, sur les quatre autres temps, soit ils hésitent droite-gauche, jettent une jambe au centre, puis l’autre, font un ciseau ou frappent le pied opposé puis l’autre.

D’autres figures s’effectuent en cercle puis en deux lignes face à face qui se déplacent à l’opposé, se croisent en frappant des mains ou par une discrète salutation, puis à nouveau en cercle, telles les contredanses des cours d’Europe. En voici la description.
Une ronde sur seize temps ; soit en marchant, soit deux pas marchés et deux balancés. Les couples se séparent et se placent face à face ; huit pas, le gauche croisé derrière. Retour. Les hommes avancent sur quatre pas, sautent au centre en frappant des mains et rejoignent la femme ; ils tournent avec leur cavalière. Le cercle se reforme. Il évolue sur huit temps (pas de bulgar); au huitième, l’homme fait tourner la femme en pastourelle. Reprise de la danse. Quand, à son tour, la femme avance vers son cavalier, elle effectue un salut au lieu du frappé.

La Sirba


Ce pas de Roumanie se danse à la Serbe !

Au centre, en balançant les bras, les danseurs font deux pas et un piétiné ; même chose en reculant. 
Ils se déplacent dans le sens inverse d’une aiguille d’une montre sur deux pas chassés sautés sur le quatrième temps ; les pas sont progressivement frappés.

Ils se tiennent mains aux épaules. Le cercle se déplace dans le sens d’une aiguille d’une montre. Le pied droit croisé devant le gauche, les danseurs avancent sur huit temps ; retour. Puis sur quatre temps; retour. Deux temps ; retour. Et deux fois un temps.


Le terkisher


Entendez, à la Turque ; plus exactement l’empire ottoman. Pour l’un de ses pas, cette danse ressemble au syrtos de Grèce.

En cercle. Les danseurs avancent sur: deux fois un pas pausé, deux courus. Puis face au centre : le pied droit pausé, le gauche levé et vibré ; même chose avec le pied opposé. Déplacement aussi bien à droite, au centre qu’à gauche.

En ligne. Les pieds tombent joints, le gauche croise derrière et le droit pausé ; trois hésite devant derrière, puis face, au centre : le pied droit pausé, le gauche levé et vibré; même chose avec le pied opposé.

Deux autre contredanses

 


Le Kolomeyke

 

Kolo signifie ronde. Le pas est le même que le Korobushka russe.

Un cercle de couple ; l’homme à l’extérieur, la femme à l’intérieur.

Six pas dans le sens contraire d’une aiguille d’une montre ; écarte et joint sur les deux derniers. Un demi-tour. Même chose dans la direction opposée.

Face à face. Trois pas dans le cercle et frapper des mains ; retour sur le même pas. En se tenant par la main droite, sur huit temps, l’homme et la femme balancent en avant, en arrière puis changent de place. Trois pas dans le cercle et frapper des mains, puis balance avant-arrière et changement de place. La femme change de partenaire. 

Le Polish patch tanz

 

Un cercle de couple, mains dans la main.

Seize pas marché dans le sens d’une aiguille d’une montre ; même chose pour le retour.

Au centre, tous avancent sur quatre pas ; sur place, les danseurs font trois frappés des mains puis trois des pieds. C’est le patch tanz !

L’homme à droite et la femme à gauche, le couple tourne sur huit temps et en demi-cercle, en se collant la paume droite (dit main droite) ; avec le nouveau partenaire, il poursuit en quatre temps sur un « main gauche », puis la femme change de cavalier sur les temps restant. Ce pas peut être remplacé par une chaîne anglaise : main droite puis main gauche, l’homme et la femme se déplaçant dans un sens opposé.


Bonne danse


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