La non-violence ou la dignité

 
La non-violence. Un « non » au viol de la personne dans son intégrité; la mienne, celle de mes proches, mes voisins et plus largement celle des habitants de mon pays et du monde encore inconnu. La violence engendre la violence et isole celui ou celle qu’elle vise ; un acte courageux pour lui faire barrage développe la solidarité.
La non-violence n’est en aucun cas une attitude de passivité. Celui ou celle qui en use, dénonce les actes injustes, en essayant de ne pas piétiner son auteur, par la force et la diffamation, les armes du violent.
La non-violence est toujours à inventer. L’humour en est son vêtement, l’intelligence son squelette, la dignité ses tripes, le respect son cœur et la bienveillance son sang.
Se battre pour défendre sa vie et les vivants, l’exigence de notre passage sur terre, nous rend résiliant. Fermer les yeux et les oreilles sur les cris des souffrants, creuse peu à peu notre tombe de l’oubli.

Je n’ai pas connu de réelle violence frontale, si ce n’est un passage éclaire en pleine guerre de Bosnie, et dans les pays d’où elles étaient menées : checkpoints, bombes, snipers, terreur, soldats, armes, trafics, propagande, rumeur, endeuillés, vengeance, découragement, camps de réfugiés...Assez pour garder en mémoire la sidération et la peur reçues en pleine face. Ce que j'ai compris, c'est que l’absence de tissu social permet à la violence de se propager. À contrario, les organisations de paix, ou celles volontairement libres et spontanées, recréaient la cohésion sociale pour aider à reconstruire la confiance et l'humanité

Il y a encore plus à dire sur le sujet. Beaucoup de questions découlent de cette réflexion; la première étant: quelle est la limite de la non-violence? Face à l'agression, manipulation et calomnie, une bonne colère, un coup de poing ? En tous les cas, pas l'inertie.

J'ai trouvé ce texte de Françoise Héritier.
« Sans idéaux, il n’y a ni libération ni résistance aux pires formes de la violence, surtout pas de résistance collective ; et cependant, il ne peut y avoir aucune garantie concernant le ’bon usage’ ou le ’mauvais usage’ des idéaux. Disons mieux, il y a certainement des degrés dans la violence qui accompagne la formulation et la mise en œuvre des idéaux, mais pas de degré zéro. Il n’y a donc pas de non-violence. »
Ici, la non-violence est perçue comme l'absence de réaction, résistance et combat; le "non" privatif étant assimilé à la passivité. Peut-être le mot non-violence est-il trop complexe ou ambitieux, et qu'il nous faut en trouver un autre.


Donc, puisque la non-violence est perçue par beaucoup comme négative, du fait de son privatif, la violence devenant de ce fait positive ! il n’est pas intéressant de la substituer par des mots constructifs.
Le premier qui me vient à l’esprit est : dignité. La non-violence pourrait ainsi se définir comme la défense des droits humains par la dignité ; ou bien, la défense des vivants par la dignité.
Pour Gandhi, il y avait deux mouvements dans la non-violence. Le premier étant un comportement respectueux au quotidien, en s’abstenant de nuire à nous-même et notre environnement. Le deuxième, l’action en cas de heurt ; opposer à l’adversaire l’attitude entretenue au jour le jour, avec courage et détermination. Quand nous pensons à la non-violence, c’est le deuxième mouvement qui nous vient à l’esprit ; le premier n'en est pas moins important, voire primordial.
En reprenant le terme de dignité, la non-violence pourrait se définir comme : la défense des droits humains (ou des vivants) avec la dignité cultivée au quotidien, par des actions courageuses et déterminées contre la violence.





Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

La voie de l'errance

Mes romans